Vendredi 11 août 2006 à 15:57

L'amour en rose




La lumière où elle s'étend
Empêche l'écoulement de l'astre
Comme la peau des prunes
Peut contenir ma soif

L'été qu'en son regard
Elle porte
Tandis que dans leur nid
Ses yeux
Parmi les pétales de cils
Me lancent des nacelles

Ce qui émane de sa féminité
M'enrôle,
Exacerbe ma tectonique
Et libère mes nuages

Je quitte à pas feutrés mes autoroutes
Je délaisse mon train-train
La rectitude des essieux
Pour des chemins de traverse
Où s'écartelle un arc-en-ciel
Unijambiste

Frémissement des landes escarpées
Sa peau s'incurve à mes baisers
Je m'étends bien au delà de mes limites
La mécanique du désir se met en branle
Petit ressorts de mes anguilles
Au temps infini de ses bras

Calligraphie de l'épiderme
Où se rejoignent nos désirs
Pulpe des doigts
Chacun, chacune
Tandis qu'aux chambres secrètes
Soudain s'éveillent la multitude
De nos petites bêtes
Pour le départ des transhumances.

Humaine beauté des déesses
Délice à la surface des miroirs
Où mon souffle dévoile
Le lent parcours des régates
Je la navigue,
Je l'extrapole
............... La nudifie
Dans les reflux

Au rythme lent de ses marées
Je réinvente le ressac*
La mer saline qui se retire
Compose le chant du sable

Elle énumère un alphabet
Dans une autre langue que la mienne
J'apprends l'idiome des broussailles
A mon tour, je babille
Dans le plus simple appareil

Je murmure à son oreille
Le brouhaha du bout des plaines
Par où arrivent mes chevaux

Grand feu de nos cahiers
Incendie du langage
Tel qu'il fut
Abolition de la comptine
De toutes les comptines
Tant que le loup y sera
Permission de démolir
Les bâtiments qui nous connurent

J'invente l'architecture
Octogonale
Elle crée des nasses
Sensitives
Qu'elle tresse avec ses doigts
Surnuméraires

Ce qui émane de sa féminité
Qui me couronne d'acuité
Sur le pourtour des épines
Où je salive mon ouvrage

Elle me nomme dans la nuit
Oublieuse de son rang
Mon patronyme suscité
Elle le ponctue,
Le réitère a l'envi

Le tissu pourpre du plaisir
Où tout se fige
Eternellement
Suspend ses lèvres
Désunies.

Quelque chose au lointain
Mêlé aux brumes de chaleur
Se met en route
Du coin de l'oeil, on aperçoit
Parmi les feuilles et les ramures
L'âme d'un arbre en mouvement

Intime union des racines
La main aux doigts remplis de terre
Malaxe la lourde argile
Gorgée de vie
Plongée secrète de nos coeurs
Où rebondissent les échos
Gravés à même la pierre
Par les anciens energumènes

Ce qui émane de sa féminité
Est comme un dé lancé dans l'herbe
Et qui m'amène au mouvement
Involontaire de mes lucioles…

____________________________ ( ¨ )


*Variante : ”Je réinvente le ressac des filles“
Mais je ne suis pas très sûr de la valeur
phonétique de ce vers !!!

Jeudi 10 août 2006 à 11:01



XXXXXXXXXXXXXXXXXJe n'arrive pas à rire d'Auschwitz. J'ai visité le camp en décembre 2003 : moins quinze degrés, la neige et malgré l'amour extraordinaire qui brûlait en moi pour cette petite brune polonaise (oh j'ai même eu la faiblesse de me croire arrivé quelque part de doux, définitivement veux-je dire. Ce que je suis naïf, tout de même ! Salope !) (_vas-y, laisse tomber Auschwitz, parle-nous cet amour-là, plutôt !). Au milieu des allées sombres, dans chaque bâtiment d'une longueur incroyable et orné sur plusieurs hauteurs de l'enfilade infinie des portrait des déportés. Ils vous regardent. Avec leurs yeux de fantôme. L'impression de visiter des bâtiments où ils habitent encore. Où ils habiteront toujours. Les Nazis notaient tout. Chaque arrivée était répertoriée. Chaque juif avait sa fiche personnelle : photo, date et lieu de naissance, indentité des parents, études suivies ou métier exercé, puis, bien sûr, conditions d'arrestation. Des kilomètres de visages vous regardant. Des milliers de fiches exposés…
XXXXXXXXXXXXXXXXXÇa n'a rien d'un parc d'attraction, ça n'a rien de distrayant. L'entrée est gratuite. Au guichet, on vous demande juste de noter de où vous venez en échange du ticket d'entrée, juste pour les statistiques. Un peu plus loin, il y a une sorte de grande urne transparente (un peu comme celles qu'on trouve à l'aéroport de Francfort pour la collecte des dons aux associations caritatives) pour y déposer la somme que vous désirez. Pour le maintien du camp. Les polonais font ça très bien, essayant partout de garder les choses en l'état, sans vraiment de mise en scène. Vous croisez partout d'autres groupes et vous mesurez au poids de leur silence ou de leurs rires, à leur façon de marcher, s'ils viennent d'arriver ou s'ils ont déjà visité. J'avais vu moi aussi à la télévision les documentaires sur le sujet. Les petites histoires locales dans la grande Histoire du monde. J'avais lu Anne Franck et Primo Lévi, Le Livre Noir, tout ce qu'on a de témoignages. Les heures de recherches, d'interviews et d'enquête de Lanzmann dans "Shoah". Mais là, dans le camp lui-même, dans ces grandes pièces à peine chauffées, à peine éclairées, entourées des pierres de ces murs qui en furent les témoins : les tas de valises qui n'attendent plus personne, l'accumulation de lunettes sans regard, la mêlée des cheveux qui ne sont plus des coiffures, les cannes, les jambes de bois, les prothèses désormais sans fonction, la totalité des visages présents tout autour, la litanie des photographies sur les murs, l'identité, leur visage, le bâti des lieux de sommeil (rangées de lits étroits, si serrés, sur trois étages, on dormait ici sur de la paille, à trois par couche), ici, ce ne sont pas des informations. Ce ne sont pas des nouvelles, ce n'est pas de l'histoire.
XXXXXXXXXXXXXXXXXCe sont des humains sortis de l'humanité. Après tout, le reste est anecdotique. La simple volonté d'un groupe d'hommes d'en dominer puis d'en éliminer d'autres est suffisante (devrait être suffisante) pour en saisir l'horreur. Les conditions concrètes de l'exécution de leur mission nazie devrait être accessoire. Le principe même de division de l'humanité EST l'horreur. Unter-menschen. Désigner l'autre en tant qu'inférieur, l'assimiler à quelque chose d'autre, de non-humain (_Vas-y homme, attaque ce chien ordonna un jour un SS à son berger allemand face à un prisonnier), confortait les nazis dans leur sentiment de supériorité et leur permettait de se souder en tant que groupe. "Toi, tu as la chance d'être de race pure mais ceux-là menacent ta pureté. Peux-tu accepter encore longtemps d'être menacé ainsi ?". Le processus d'identification, l'inscription profonde de la nécessité de se prémunir des menaces désignées, le travail de sape de la propagande qui sème en chacun, qui imprime en chacun, ses pseudos convictions.
XXXXXXXXXXXXXXXXXJe n'arrive pas à rire d'Auschwitz, à cause de cela. Je ne comprend pas la démarche de Bénigni dans "la vie est belle". A mes yeux, la shoah ne peut pas être le simple décor d'un film. Je ne dis pas qu'il a tort, qu'il ne devrait pas le faire. A chacun son moyen d'expression. Je dis simplement que je ne peux pas le comprendre. A mes yeux, cela dépasse tout simplement le simple cadre du fait historique, cela touche à la limite de l'humanité. Pourrait-on imaginer de faire une comédie, un film à volonté comique sur l'histoire de deux blacks vendus par leur chef de tribu à un armateur blanc ou arabe au XVIème siècle ? Raconter de manière distrayante les chaînes, les cales du bâteau, les razzias, le commerce d'hommes par des hommes ? L'esclavage comme décor d'une comédie ? Je ne suis pas assez cynique, je crois, pour en rire…


XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Cet article est ma réaction à l'article de Sinziana. Elle a raison bien sûr de délirer sur ce XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXsujet. Ça remet de l'humain dans tout ça, de la chair aux statues…

Citation : «Les héros que nous connaissons, de l'histoire ou des littératures, qu'ils aient crié l'amour, la solitude, l'angoisse de l'être ou du non-être, la vengeance, qu 'ils se soient dressés contre l'injustice, l'humiliation, nous ne croyons pas qu 'ils aient jamais été amenés à exprimer comme seule et dernière revendication, un sentiment ultime d'appartenance à l'espèce.
Dire que l'on se sentait alors contesté comme homme, comme membre de l'espèce, peut apparaître comme un sentiment rétrospectif, une explication après coup. C'est cela cependant qui fut le plus immédiatement et constamment sensible et vécu, et c'est cela d'ailleurs, exactement cela, qui fut voulu par les autres. La mise en question de la qualité d'homme provoque une revendication presque biologique d'appartenance à l'espèce humaine. Elle sert ensuite à méditer sur les limites de cette espèce, sur sa distance à la nature et sa relation avec elle, sur une certaine solitude de l'espèce donc, et pour finir, surtout à concevoir une vue claire de son unité indivisible.»
Robert Antelme, avant-propos à "L'espèce humaine", Gallimard, 1947.


[Petite note de fin : A partir de Robert Antelme dont la conclusion reste :
"n'excluons personne de l'humanité", je les vois bien les limites du libéralisme
dans la présence des SDF sous mes fenêtres. Ils sont aussi humain que moi…
Mais ça n'a rien à voir, n'est ce pas ?]


Bientôt, sur ce blog, un article sur l'amour, le merveilleux amour et ses douceurs. Un peu de sexe, peut-être ! Il est plus que temps !!! :-)

Jeudi 10 août 2006 à 0:04

Pour le plaisir, je vous offre l'excellent article
à propos de BHL publié par Acrimed
.

XXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXBeau travail les gars ! Remarquez avec BHL, XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXc'est assez facile ! :-)))
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXM'enfin, ça fait plaisir les baudruches qui XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXéclatent ! Plop !
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX[Quoi Plop, c'est réservé ? Mais que nenni ! Je plop si je veux ! :-))))]

Mercredi 9 août 2006 à 23:55

XXXXXXXXXXXXXXXXJe ne sais pas comment font les gens du Loto pour toujours choisir d'autres chiffres que les miens. Pourtant, je ne change rien, toujours les mêmes. je ne sais même plus comment je les avais choisis ceux-là. Oui, il m'arrive de les changer quand je commence à penser qu'il n'ont décidèment pas de bonne influence ! Mais ça n'arrive pas souvent. Peut-être une fois par an. je ne suis pas de ces personnes qui jouent au Loto-flash, genre c'est pas important le choix des chiffres. Tout simplement parce je ne crois pas qu'une série de chiffres choisie au hasard par une machine puisse être à nouveau choisie lors du tirage. Il y a déjà tellement peu de probabilités que mes numéros sortent un jour que de les choisir au hasard, c'est être totalement naïf (Oh j'adore mettre des phrases définitives dans mes articles, ça fait réagir la lectrice [majoritaire, alors je met au féminin, tiens !] et ça me donne des commentaires intéressants !). Mais quand je dis qu'ils ne choisissent pas les miens, je veux bien dire aucun, jamais, nada, nic, nothing, … A trois, je gagne et en trouver un assoierait un peu ma motivation !
XXXXXXXXXXXXXXXXÇa ne me dérange pas de payer pour jouer. Je pense même que c'est bien cette forme d'impôt volontaire. Je trouve qu'ils devraient étendre ce système de cagnotte. Par exemple, chaque feuille d'impôt étant numérotée, on tirerait un numéro au hasard (Une main innocente ? Allez, là, venez mademoiselle !) et hop, la personne ou la famille se verrait exonérée d'impôt pour l'année ! Pas mal, non ? Je pense que d'une certaine manière, ça pourrait repopulariser cette notion de "contribution à la communauté" (z'êtes pas obligés de tout lire, mais cet article est bien fait !) que nous ont pas mal salopée la Ligue Mondiale des Commerçants.
XXXXXXXXXXXXXXXXParce qu'en fait, c'est ça le truc ! On a donné les clefs aux commerçants ! Plus personne ne se souvient comment c'est arrivé mais à un moment, on a décidé de les laisser se débrouiller avec la planète. Depuis, on a des camions partout pour transporter des yaourts à des milliers de kilomètres et on veut rajouter d'autres aéroports pour accueillir les marchandises que tous les pauvres de la planète essaient de nous fourguer. Et eux, ils touchent les commissions. Quand ça se calme un peu sur le commerce, on rase un pays pas trop loin (faut que les camions puissent passer !) et après, les commerçants nous fabriquent un nouveau pays tout beau tout neuf, c'est garanti sur facture, j'vous l'dis !
XXXXXXXXXXXXXXXXMon rêve si je gagne au Loto est de plus en plus modeste ! Aujourd'hui, ce serait balancer tout ça, revenir à de vraies valeurs humaines. Aller voir des gens, des personnes intactes. Par exemple acheter un camping-car, un beau modèle avec tout ce qu'il faut et partir voir l'Europe. La vraie ! Pas celle de Bruxelles et de ses normopathes, bien sûr. Direction Dunkerque et je remonte. je fais le tour, je redescend par la Suède, la Pologne, la Lituanie, la Russie, … Ici, je reste deux jours et là trois mois, suivant les affinités. Je m'en fous, j'ai gagné au Loto, je fais ce que je veux !!!
XXXXXXXXXXXXXXXXComme quoi cette histoire d'argent à gagner, il y a quelque chose de malsain. Je parle du salaire cette fois ! Qu'est ce que c'est que cette tradition d'avoir un travail, un salaire et tout le toutim ? Qui nous a pondu ça ? De où ça vient ? Les histoires de troc du début, c'était sympa. Vas-y je te tonds la pelouse et tu m'offres un repas. Ça marche ? Ok, tope-là ! Il y avait de l'humain là-dedans ! Pourquoi on a changé la méthode ?

XXXXXXXXXXXXXXXXMais tout n'es tas perdu : il y a de l'espoir !!! Je fais le tour des sites qui me nourrissent l'esprit (on peut se faire rémunérer comme lecteur ? Oui, c'est un appel, je loue ma lecture, si pô chir !). Je découvre ça chez Le Monde Diplomatique :

XXXXXXXXXXXXXXXXAprès l'échec des négociations du cycle de Doha à l'OMC,
XXXXXXXXXXXXXXXXLe libre-échangisme sur la sellette.
XXXXXXXXXXXXXXXXLa suspension sine die des négociations du cycle de Doha, dit «du développement», XXXXXXXXXXXXXXXXde l'Organisation mondiale du commerce (OMC), annoncée à Genève le 24 juillet XXXXXXXXXXXXXXXXdernier par son directeur général, M. Pascal Lamy, est-elle une bonne ou une XXXXXXXXXXXXXXXXmauvaise nouvelle ?. ici

XXXXXXXXXXXXXXXXBon, restons prudent ! Mais quand même, c'est un signe. Soudain, les commerçants n'arrivent plus à se mettre d'accord ! A surveiller de près ! On va peut-être récupérer d'autres valeurs bientôt. Comme j'aimerais !!!

Ah mais alors, ça n'aura plus de sens de gagner au Loto ? :-)


Puisqu'on est jeune et con
Puisqu'ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Mais ce monde s'en fout
Puisqu'on est que des pions
Content d'être à genoux
Puisque je sais qu'un jour nous nous aimerons
Comme des fous

Encore un jour se lève sur la planète France
Et j'ai depuis longtemps perdu mes rêves je connais trop la danse
Comme toujours il est huit heures du soir j'ai dormi tout le jour
Mais je sais qu'on est quelques milliards à chercher l'amour
[Ouaih, bon ,j'ai quanrante et tous mes rêves et alors ?]

Mercredi 9 août 2006 à 14:07

Pourquoi ?

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi la fenêtre de composition d'un article, la fenêtre de XXXXXXXXXXXXXXprévisualisation et enfin, l'espace de publication final n'ont-ils XXXXXXXXXXXXXXpas la même largeur ? (c'est saoûlant pour faire un bel habillage !)

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi n'a-t-on pas droits aux alinéas sur Cowblog ?
XXXXXXXXXXXXXX(ça existe ailleurs !)

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi n'y-a-t-il pas de réglages pour l'interlignage ?

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi ne pas mettre en place une palette couleur où XXXXXXXXXXXXXXstocker nos teintes favorites ?

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi ai-je accès à aussi peu de polices de caractère ?

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi ne puis-je pas avoir la fonction "lettre barré" ?

XXXXXXXXXX|X• Pourquoi me dit-on que je dispose de 2000 caractères pour XXXXXXXXXXXXXXun commentaire, alors que pas du tout ? (oh le mensonge !)

Y'a encore du boulot, côté interface !!! Bon courage !!! :-)

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